Collonges la rouge ou la cité aux vingt cinq tours

Situé en Corrèze, à une dizaine de kilomètres au sud de Brive la gaillarde, Collonges la rouge « labellisé plus beau village de France » offre un spectacle inhabituel voir atypique, tant par la flamboyance de ses pierres que par la richesse de son patrimoine architectural hors du commun. Ce petit village de 490 habitants, surnommé « la cité aux vingt-cinq tours » doit son nom à la couleur de ses pierres. Une couleur pourpre qui surprend et donne un caractère unique à ce village médiéval de Corrèze.

Collonges la rouge en Corrèze dans le limousin
Collonges la rouge en Corrèze dans le limousin

D'où vient le nom de Collonges la rouge ?

Cela vient du latin colonica qui signifie : le collomb. A l’époque, jules césar offrait des morceaux de Gaulle à ses plus grands serviteurs. Un jour, pour remercier ses guerriers, des soldats italiens se rendent à Collonges avec comme présent un cep de vigne. C’est comme ça que le nom du village est devenu « Collonges » avec comme emblème la vigne, omniprésente, sur la plupart des pans de mur comme dans les alentours du village. 

Pourquoi « la rouge ? »

Construite sur un sol calcaire près d’une faille géologique d’environ 60 km, reliant le bassin continental de Brive à Meyssac, Le village de Collonges la rouge marque la rupture entre les sols calcaires et les sols de grès chargés en fer. C’est le minerai oxydé qui donne cette couleur rouge si mystérieuse à Collonges la rouge et qui en fait l’une des particularités du patrimoine naturel local.

Aujourd’hui encore les géologues ne sont pas d’accord sur les origines et la datation de cette faille. Cependant, il semblerait que les terrains du permiens (période pendant laquelle l’Europe et l’Amérique ne faisait qu’un et qui connut le plus grand bouleversement de la planète soit l’extinction de 96% des espèces marine et 75% des espèces terrestres) ont été recouvert par les mers du jurassique (le jeune océan atlantique).

Suite à ces bouleversements, un glissement de terrain crée des falaises qui s’érodent petit à petit pendant plusieurs millions d’années permettant aujourd’hui à ces roches du permien d’arriver au même niveau que celles du jurassique.

C’est pourquoi, il est possible d’observer sur le haut de la faille, le grès rouge issu des contreforts du massif central et dans le bas, une zone de calcaire blanche, ancien plateau marin qui révèle une particularité rare :  des plages pétrifiées.

 

Ces plages sont des restes géologiques datés de 160 millions d’années. Si l’on observe bien, on découvre non seulement beaucoup de fossiles mais aussi la présence de petites vagues, comme on peut en observer aujourd’hui sur le littoral. 

La flore

Si l’on prend le temps d’observer la nature environnante, on s’aperçoit qu’elle est très différente d’un côté ou de l’autre de la faille. Sur la façade grésique, les terrains sont acides et permettent l’épanouissement d’arbres tel que les chênes, les châtaigniers ou encore les fougères. Au sud, sur les terrains calcaires, ce sont des plaines où poussent entre les champs de noyers, des arbustes et quelques chênes mais c’est Le long de cette faille, dans la zone écotone que le Biotope est le plus riche. 

Son histoire

Collonges la rouge est un village érigé dans l’enceinte d’un ancien prieuré bâti par les moines de l’abbaye de Charroux en Poitou au VIII ème siècle. Le prieuré est intégré dans la Vicomté de Turenne en 844 et attire, sous sa protection, une population de paysans, d’artisans et de commerçants. Des remparts sont édifiées et l’activité se développe.

Collonges obtient le statut de ville franche de la Vicomté de Turenne, ce qui lui confère de nombreux privilèges. Le village devient prospère grâce à sa première richesse qui est son vin, réputé dans toute la France mais aussi à l’argent des pèlerins puisque Collonges est une étape secondaire sur la voie de Rocamadour, pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle.

En 1308, le Vicomte de Turenne accorde à la ville une charte de franchise et le droit de juridiction haute, moyenne et basse lui est accordé.

Ce sont les prémisses d’une lignée de notables qui s’établit avec des procureurs avocats et notaires. L’enceinte du prieuré devient trop étroite et ne peut se développer davantage. C’est alors que des hameaux naissent alors tout autour comme les faubourgs de la Veyrie, de Hautefort ou de la Guitardie.

 

 Les siècles passent tout comme les guerres de religions dont les habitants qui se passent de manière plutôt pacifique puisque la nef de l’église est partagée alternativement entre le culte catholique et le culte protestant évitant ainsi les conflits.

A partir du XVIe s., Collonges devient un lieu de résidence incontournable pour tous les grands fonctionnaires de la Vicomté de Turenne. Les castels comme les tours en poivrière sont le reflet de cette époque.

Le XVII èeme et surtout le XVIIIème siècle sont moins favorables : Record de froid, disette et vente de la vicomté à la couronne de France en 1738, ce qui entraîne l’abolition des privilèges fiscaux. Lors de la Révolution, les bâtiments du prieuré sont détruits.

Le XIX ème siècle est marqué par le phylloxéra qui décime les vignes et par l'exode rural qui fait perdre 40 % de sa population. Toutefois les cinéastes apprécient son cadre pour les reconstitutions historiques et des artistes s'y installent. L’association ' les Amis de Collonges ' chapeauté par leur maire de l’époque Charles Ceyrac, lance l'idée des ' plus beaux villages de France '. Collonges sert de référence pour ce nouveau concept dès 1982. Depuis, les touristes affluent

Les habitations et monuments

Se promener dans cette Bourgade colorée, arpenter ses jolies ruelles rouge coiffées de leurs lauzes bleues si atypique est un véritable bonheur. Toutefois, le visiteur qui désire découvrir Collonges devra faire des efforts car cette petite cité ne se laisse pas dompter facilement.

 

Une maison typique collongeoise 

Elle est petite par ses proportion, doté d’une pièce unique et d’un contou. Le contou est le foyer d’une cheminée ou les membres de la famille pouvaient d’assoir et se chauffer mais également prendre le repas.

 

La demeure des Ramade de la serre 

Elle date du XVI ème siècle. En face de la nouvelle mairie, près des bassins de grès rouge se trouve une tour carré entre deux maisons. Les lucarnes à pinacles ont conservé leurs meneaux Renaissance. Sur le toit de l'une d'elle, 3 fenêtres surmontées d'un écusson. Elle appartenait à la famille Ramade.

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Demeure des Ramade de la Serre à Collonges la Rouge en Corrèze - M. Jolivet

La maison de la sirène

La maison date du XVI ème siècle. Les lauzes de sa toiture sont en grès rouge, d'une dimension de 40 x 30 cm ne laissant apparaître de 2 à 3 cm de pierre. Ce type de toiture primitive trouvée dans l'ensemble du village, église comprise, exige de solides charpentes de châtaigner. Sur la porte à accolade, se trouve à droite la sculpture d'une sirène tenant d'une main un miroir et de l'autre un peigne. A gauche, probablement celle d'un homme à longue chevelure chevauchant un dauphin : Sirène qui séduit les hommes et les perd comme dauphins qui aiment les hommes et les sauvent. Aujourd'hui, cette magnifique maison abrite un musée d'art et de traditions divisé en 4 salles :

1) Musée lapidaire, instruments oratoires

2) Les chemins de Saint-Jacques

3) Collection de fossiles de Collonges 

4) Mobilier et objets usuels d'autrefois

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Maison de la Sirène à Collonges la Rouge en Corrèze - M.Jolivet

La brasserie le Cantou

Installée dans une maison du XV ème siècle, elle jouxte les bâtiments du prieuré dont elle abrite encore la porte fortifiée du même nom.

 

La halle aux grains et au vins 

Située près de la porte plate, du XVI ème siècle. Elle est pavée de grès et de calcaire ainsi qu’un toit en ardoise. Elle abrite un four, toujours utilisé à l’occasion du traditionnel marché d’antan. A droite de la halle se trouve le tribunal de la Châtellenie

Le tribunal de la châtellerie

Il est connaissable par sa tour ronde bordé de fenêtre d’angle typique de l’époque renaissance. C’est la seule tour dont la hauteur est d’origine. Il y a des centaines d’années, il y avait plus d’une trentaine de tour supplémentaire à Collonges mais elles ont été rasées car il y avait à l’époque un impôt de directoire sur toutes les tours qui dépassait les toits. Pour éviter de payer cet impôt, les tours ont été rasées. Il n’en reste que 25.

 

La porte plate

Elle est ainsi nommée car elle n’est pas pourvue de tour. Sur le mur de cette porte, un escalier en pierre qui menait au chemin de ronde. C’était l’entrée principal de l’ancien prieuré. Elle embarque le visiteur dans un dédale de ruelles. Un labyrinthe pour confondre le visiteur mal intentionné.

Dans la rue noire, les maisons sont construites en retrait les unes des autres et les nombreuses chicanes servent à se cacher des ennemis. Le plus étrange pour ce petit village si bien gardé est qu’il est l’un des rares à ne jamais avoir connu l’ennemi.  Outre la crainte d’un ennemi fantasmé, une aversion pour les religieux. On peut trouver dans cette rue, une étoile à 5 branches, alors que celle de l’église romaine en compte 6.

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La porte plate à Collonge la Rouge en Corrèze - M.Jolivet

La maison de la Ramade de Friac

Elle se situe en face de la maison de Boutang du Peyrat. Elle fut la propriété d’une puissante famille locale : Les Ramade de Friac. Sa construction date de la fin de XVI ème siècle- début XVIIème. L’extérieur de l'enceinte fortifiée, cette maison a la particularité de posséder deux tours de guet.

La maison Boutang du Peyrat : Toit à mansard, belle courbe, fenêtre à meneaux en bois, façade incurvée percée d’une porte surmontée de symboles probablement franc maçonnique.

 

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Maison des Ramade de Friac, Collonges la Rouge, Corrèze - M.Jolivet

Les castels

4 maisons imposantes qui bordent le village au 4 points cardinaux. Ils servaient de bastions et protégeaient Collonges. Le château de Benges

 

Le château de Benges

La plus belle partie de ce castel a été érigée vers 1560.On y voit les vestiges de machicoulis, une tour, des tourelles, meurtrières, créneaux et sur le toit, une gracieuse fenêtre renaissance. Juste avant Benges, on passe sous un porche : jadis existait, à gauche, un guichet où les renseignements étaient donnés aux pèlerins qui, par Saillac, L'Hôpital-Saint-Jean, Martel et Rocamadour poursuivaient leur route vers Cahors ou vers Agen, puis vers Saint-Jean-Pied-de-Port, Roncevaux et Compostelle.

 

Castel de Vassinhac 

Ce castel édifié en 1583 et situé rue de la garde est coiffé de 2 tours hexagonales et d’une tourelle en poivrière, percée de fenêtre à meneaux. Ce castel est caractéristique de l’architecture de la fin du XVI ème siècle. La porte d’entrée est à accolade et à gorge (moulure creuse arrondie) et l’escalier est en hélice. Echauguettes et meurtrières ont des fonctions défensives et participent à donner de l’originalité à ce lieu dont Gédéon de Vassinhac, seigneur de Collonges et capitaine gouverneur de la vicomté de Turenne fut le propriétaire. Aujourd’hui, ce castel est toujours habité et en excellent état.

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Castel de Vassinhac à Collonges la Rouge en Corrèze

L’ancienne gare

Située en haut du village, au bord de la D 38, l’ancienne gare du tramway départemental a été restaurée en 1982. Collonges se situait en effet sur le trajet du " Tacot " de Turenne (train tracté par une locomotive de 17 tonnes) qui allait jusqu'à Beaulieu, en deux heures et demie …, en passant par Meyssac et Marcillac, de 1912 à 1931. L'exploitation de la ligne a pris fin le 1er janvier 1932.

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Ancienne gare du Tramway de Collonges la rouge en Corrèze - Mairie de Collonges

La porte du prieuré

Cette porte en ogive est l’une des deux portes restantes sur les quatre qui fermaient l'enceinte fortifiée comprenant église et bâtiments conventuels. En face, sur la pile de droite, se trouve une pierre de remploi sur laquelle a été sculpté un signe qui ressemble à une amande : On raconte qu’il représente la vulve du monde, d'où est sortie toute l'humanité.

 

L’église

L’église saint pierre dont la forme n’a cessé d’évoluer au fil des siècles a une histoire bien particulière. Tout d’abord, elle est d’abord construite sur la base de 4 piliers au XI ème siècle. Puis, un siècle plus tard, au-dessus de la coupole on élève le clocher roman a galbe ainsi que le tympan taillé dans le calcaire de Turenne.

Au XIII ème, la nef qui se trouve au chevet de l’église est percée d’une fenêtre en arc brisé. Au XIV et XV ème siècle, on construit les chapelles latérales du sud et celle du nord mais la guerre de cent vient rompre l’harmonie des lieux car il est nécessaire de fortifier l’édifice.

La guerre de cent ans fait rage, bien que les villageois soient relativement préservés, ils préfèrent s’organiser, et pour se protéger des anglais, une tour carré qui sert de chambre de guet est construite. Enfin, la tour du nord est édifiée. C’est là que sont abritées les cloches chargées de sonner le tocsin. Tocsin qui retentis lors des guerres de religion. La population collongeoise décide alors de partager l’église pour célébrer les deux cultes.

D’ailleurs, lorsqu’on pénètre tout d’abord dans une nef de style roman, on s’aperçoit que celle-ci est très dépouillée. C’est la nef qui avait été allouée aux protestants par Turenne. La nef de gauche, de style gothique et éclairée par des vitraux est celle affectée au culte catholique

La peur des huguenots pousse les collongeois à protéger le tympan et le place au sommet du mur de l’église. Il est repositionné en 1923. En 1985 ont lieu les dernières restaurations.

Le tympan est d’ailleurs le seul élément qui tranche avec le rouge flamboyant de l’église puisque celui-ci est en pierre calcaire de Nazareth (proche de Turenne) datant de 1130, 1140. Dans sa partie supérieure il représente l’ascension du christ tandis que la vierge, humble et priante entourée des onze apôtres, occupe la partie inférieure.  

 

 La chapelle des pénitents est un lieu emblématique de Collonges. Construite au XV ème siècle, elle abrita en 1665, la confrérie des pénitents noirs En 1927, les amis de Collonges œuvrent pour la restauration de cette chapelle qui connait une restauration de sa charpente, de sa toiture, son dallage ainsi qu’un rejointoiement des murs

 

 

Les pénitents noirs sont une confrérie dont la mission était d’enterrer bénévolement les morts. Tous habillé de noir sont une congrégation religieuse qui s’occupe de l’église, font des enterrements de façon bénévole. Cette confrérie est très démocratique puisque les femmes y ont également accès. La seule différence est la couleur de leur ceinture, noire pour les hommes et blanche pour les femmes. Elle s’est dissoute à la fin du XIXème siècle.

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Eglise de Collonges la Rouge, Corrèze - M.Jolivet

La place du village

Elle possède un lavoir bâti, lui aussi, de grès rouge. Il y a peu de temps, on pouvait encore y voir les vaches venir s'abreuver. Chaque été, cette place se transforme en théâtre de verdure et le lavoir se fait scène de plein air pour les spectacles organisés par l'association "Collonges-Animations-Spectacles".

Photos du village de Collonges la rouge

La légende de la dame verte

Pendant la guerre de cent ans, au temps ou personne ne devait sortir des fortifications, une jeune orpheline prénommée Angèle, brave l’interdit et sort du village. En route, elle rencontre un très bel homme. Malheureusement, en ce temps-là, se faire courtiser par un Anglais est inenvisageable. Pourtant, la jeune fille tombe amoureuse de ce très bel homme. Ils passent quelques mois heureux mais la guerre les rattrape. Le frère et l’amoureux d’Angèle partent à la guerre.

 

Chaque jour, vêtue d’une longue robe verte, couleur de l’espoir, Angèle montes-en haut de la tour, guetter le retour de son frère et de son amant. Lorsqu’ enfin son amoureux revient, c’est pour lui annoncer la mort de son frère. De désespoir, elle se jette de la tour, l’entraînant alors qu’il tente de la retenir. Depuis ce jour, on raconte que certains soir, si l’on observe bien la tour la plus haute de l’église, on peut voir une lumière verte. C’est la dame verte qui revient pour prévenir du malheur qui pourrait s’abattre sur le village.

Source Crédit photos : Flikr

Source d information : Connaissances personnelles, résumé d'informations trouvés sur le net, Mairie de la commune de Collonges la Rouge

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Commentaires: 4
  • #4

    Francine Arnott (jeudi, 22 février 2018 17:57)

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  • #3

    Priscille (mardi, 12 décembre 2017 00:43)

    Hello , oui le beurre avec le disque a emulsifier ca marche pas mal !! et qu'est ce que c'est bon, !! juste avant le beurre on a une mousse de beurre c'est trop bon aussi

  • #2

    Laurine (mardi, 28 novembre 2017 10:26)

    Les articles sont vraiment complet et très bien écrit. Je n'ai pas eu besoin de prendre la visité guidée qui aurait été bien compliquée avec mon fils en bas âge. C'est génial!!! Continuez, je vous adore...

  • #1

    capsek (jeudi, 23 novembre 2017 20:52)

    super

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